Allez, un dernier tour de piste pour boucler la boucle. Ça se passe comment, le retour des dumplings à l’érable? La plupart de nos lecteurs en savent des petits ou des grands bouts… En voici d’autres. Chez nous depuis bientôt quatre mois, c’est comment? Très vaste progamme!
La Chine des JO
Nous avons suivi, parfois avec la petite larme au bord des yeux, la couverture mur à mur des médias sur la Chine pendant les Jeux olympiques. À l’heure de la Chine diffusé à Radio-Canada a été notre rendez-vous quotidien, familial et sacré, pendant deux semaines.
La cérémonie d’ouverture, suivie live dans notre salon, nous a jetés par terre, comme le reste du monde. Une illustration émouvante de la force du collectif : ces grands tableaux humains évoquant la culture chinoise étaient grandioses! Avec des tonnes de fric, des concepteurs parmi les meilleurs au monde et une volonté d’en mettre plein la vue, les Chinois ont gagné le respect du monde et ont fait taire les sceptiques, malgré quelques petites tricheries pas nettes nettes (la jeune chanteuse pas assez jolie pour paraître devant les caméras, les soi-disant représentants des minorités ethniques dans leurs beaux costumes colorés, tous d’ethnie Han (l’ethnie majoritaire), les feux d’artifice pré-enregistrés…).
Avez-vous remarqué qu’avec la clôture des jeux, la Chine a cessé d’être au premier plan de l’agenda des médias? Ces jours-ci, avec les élections canadiennes et américaines, en plus de l’économie en crise, on en a bien assez dans notre cour pour s’occuper de ce qui se passe à l’autre bout du monde… Pourtant, les effets du tremblement de terre au Sichuan, des émeutes au Tibet, de la pollution atmosphérique et autres problèmes environnementaux se font certainement encore sentir. Sans parler des 13 000 bébés hospitalisés (en date d’aujourd’hui) pour avoir bu du lait à la mélamine. Rendez-vous en 2010 pour l’exposition universelle de Shanghaï, une autre occasion qu’auront les Chinois pour montrer au monde comment ils l’ont!
Sur les routes du Québec
De retour du pays le plus peuplé du monde, j’avais une envie folle de retrouver les « grands espaces canadiens », comme disent les français. Déjà, la belle ville de Québec, où Noah et moi avons passé nos premières semaines, était bien calme et bucolique comparée à Kunming. C’était comme se plonger dans un bain d’eau chaude : le confort total!
À la fin de juin, je me suis envolée aux Îles de la Madeleine, pour la première fois de ma vie. En arrivant à l’aéroport de Cap-aux-Meules, quel bonheur! Notre vol est le seul à l’arrivée, il n’y a pas plus qu’une trentaine de personnes dans tout l’aéroport, ma petite valise m’attend déjà sur le carroussel, notre voiture de location est stationnée devant la porte de sortie de l’aéroport… et notre hôtel est à cinq minutes de voitures de là! Tellement facile, tellement un contraste avec toutes mes arrivées de la dernière année! Seul bémol : il pleut à boire debout. Mais la pluie cesse dès le lendemain et deux jours plus tard, le soleil s’installe jusqu’à la fin de la semaine.
Les îles, c’est la beauté naturelle, la mer et les plages à l’infini et rien ni personne pour obstruer la vue. C’est aussi une vie culturelle fascinante, un mélange de fierté madelinienne, d’attachement aux traditions, de terre d’accueil d’artistes et d’amoureux de la nature. J’y ai trouvé des parallèles avec Bali, tant pour sa beauté et son raffinement que pour son savant mélange de culture locale et extérieure. Tout ça à deux heures d’avion de Québec et pas besoin de passeport! Je redécouvre mon pays!!
Le lendemain de mon retour de Bali en Québec, Noah et moi allons accueillir Peter à Dorval. Il revient de Shanghaï, via Hong-Kong. Moins d’une semaine plus tard, nous reprenons la route pour une autre région que nous connaissons peu : la Côte-Nord. La route 138 entre Québec et Natashquan est un long poème de 1000 kilomètres qui rend hommage à la beauté de notre territoire. Plus on grimpe vers le nord, plus le fleuve prend vie et présente une diversité d’espèces animales étonnante, alors que les épinettes rapetissent et luttent pour leur survie. La route traverse aussi des centaines de rivières grandioses, fréquentées par les saumons, les orignaux et des milliards de moustiques.
Cette route m’a amené très loin dans l’espace, mais aussi dans le temps, jusqu’au pays de ma naissance et de ma petite enfance, ce pays où mes parents se sont rencontrés et mariés, ce pays que mon père a parcouru de long en large pour vendre du béton, ce pays où mon grand-père passait l’hiver à gérer un camp de bûcherons, ce pays de nos ancêtres magnifiquement raconté par Vigneault, ce pays des Innus qui renouent avec leur fierté et nous présentent leur fascinante culture.
Rentrés à Montréal
Le meilleur : le style de vie montréalais, l’ambiance du Plateau, la culture hyperactive, les événements, les expos, les spectacles, les restos, les possibilités illimitées… tout ce qui a fini par nous manquer à Kunming.
Le pire : gérer le matériel, s’occuper des objets ou des appareils qui brisent ou qui nous encombrent, entretenir tout ce que nous avons accumulé. Ce qu’on est tranquille avec une valise pour seul bagage!



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